L’histoire de Mbao

Cette histoire, destinée à mon petit-fils, commence il y a plus de dix ans alors qu’il n’était pas né. Un jour que j’étais dans le métro parisien, je vis entrer dans la rame un petit garçon (dans les cinq ans) accompagné de son papa, rien de particulier au demeurant. Mais alors que nous arrivions à une station, il s’écria en s’adressant à son père : Papa, regarde, j’ai vu un hippopotame ! Aussitôt, mes oreilles se mirent à l’écoute, attendant la suite. Qu’allait dire le paternel ? Allait-il saisir la balle au bond, démarrer une histoire abracadabrante, poétique, pleine d’actions ? Eh bien non, rien, enfin presque : Mais voyons, il n’y a pas d’hippopotames dans le métro, lui répondit-il. J’en fus interloqué et pensai : Comment peut-on passer à côté d’une pareille occasion, quel dommage ? Il fallait raconter un truc, quelque chose d’extraordinaire, un hippopotame dans le métro, ce n’est pas banal quand même. Depuis lors, je tentai d’imaginer ce qu’il aurait pu raconter.

Les années passèrent, l’idée n’était toujours pas sortie quand mon petit-fils vint au monde. Lorsqu’il fut en âge d’écouter des histoires, il eut droit aux séances de lecture, installé sur mes genoux, regardant les images, captivé par l’aventure qu’il entendait et les dessins qu’il voyait. Comme mes enfants avant lui, pour lesquels j’avais inventé tout un tas de petits contes dont l’histoire de Bob déjà décrite sur ce site, je me mis à réfléchir sur ce que je pourrais bien lui raconter.

Revint alors la piste de l’hippopotame. J’imaginai un début en Afrique, mais comment amener l’animal à Paris ? Autre question difficile à résoudre : quelle raison, à peu près réaliste pourrait lui faire prendre le métro ? Je me mis à chercher, à éplucher les infos, l’actualité des zoos, des parcs… Enfin, je tombai sur l’histoire, vraie celle-là, de Rodolphe et Pélagie, deux hippopotames du zoo de Vincennes. Je tenais mon intrigue.

La couverture que vous avez sous les yeux, mise en couleur par la maman du destinataire de l’histoire, est un clin d’œil à ce petit garçon rencontré par hasard et qui, aujourd’hui adolescent, ne se rappelle probablement plus d’avoir cru, un jour, voir un tel pachyderme dans le métro.

Si vous vous procurez le livre, vous aurez de bonnes chances de tomber sur une version en couleur des différents animaux qui peuplent cette histoire. Aussi, voici la version en noir et blanc de chacun d’eux.

Ah oui, le jeune homme qui accompagne Mbao (le nom du héros) n’est autre qu’un jeune ingénieur (qui ne se nomme pas Barnabé) avec qui j’ai eu le plaisir de travailler quelques années avant de prendre ma retraite, un garçon charmant à qui j’ai offert le livre et qui l’a sans doute déjà lu à ses enfants.