Leslie Hann

Une des premières « caricatures » d’une représentante de la gente féminine, elles seront rares. Mais peut-on user du mot caricature dont, par définition, l’objet est de mettre en exergue tel ou tel défaut ? Je n’en suis pas certain et préfère dire portrait de type bande dessinée, mais ce n’est que moi. Quoiqu’il en soit, les dessins mettant en scène un ou plusieurs personnages féminins ne sont pas nombreux, peut-être un tiers de ma production. Ne cherchez pas de raison particulière, si ce n’est la définition même du mot caricature qui fait que, d’une manière ou d’une autre, il y a une mise en relief d’un élément du visage (nez pointu, large sourire, dessin des lèvres…) ou du corps (finesse, rondeurs…). Ainsi, ayant toujours à cœur de ne pas blesser mon modèle, en particulier s’il s’agit d’une dame, je préfère m’abstenir de dessiner. Ceci étant dit, il est temps de passer aux explications de ce que vous avez sous les yeux.

Lorsqu’on arrive dans un pays dont on ne parle pas la langue, la plupart du temps on utilise l’anglais comme support pour les échanges. Dans un contexte touristique, pas besoin d’être un expert, un petit niveau permet de se débrouiller, éventuellement suppléé par l’usage des mains, de dessins voire aujourd’hui, d’un traducteur sur un smartphone.

Il en va tout autrement en milieu professionnel, plus question d’approximations, de petits croquis, de gymnastique avec les mains. Vous devez être précis afin d’éviter d’éventuelles incompréhensions qui pourraient au mieux être ennuyeuses, peut-être fâcheuses et au pire, dramatiques. Ici encore, l’anglais domine. Cependant, même si vous maîtrisez parfaitement cette langue, vos interlocuteurs ne sont pas forcément dans ce cas. Des fois, rarement en vérité, on fait appel à une ou un interprète. Mais ce n’est pas gagné pour autant, car le langage de votre métier, que vous maniez parfaitement, est souvent très pointu, doté d’un vocabulaire spécialisé et la plupart du temps totalement ignoré de la personne faisant office de traducteur. La qualité des échanges avec vos interlocuteurs techniques va donc dépendre de la bonne volonté de cette personne et du niveau de collaboration que vous allez atteindre avec elle.

C’est dans un tel contexte que je rencontrai Leslie Hann, alors que j’étais en mission en Turquie. C’était une jeune femme très sympa, toujours de bonne humeur et à l’esprit ouvert. C’était une littéraire et son monde était à des années-lumière du nôtre. Il n’empêche, elle s’investit, chercha à comprendre et restitua au mieux ce que nous avions à nous dire. Si les quelques missions accomplies à Ankara font partie de mes meilleurs souvenirs à l’international, c’est en grande partie dû au travail que nous avons réalisé avec Leslie.

Enfin, la voyant littéralement jongler entre turc, anglais et français, j’eus l’idée de ce dessin.